quinquina

quinquina [ kɛ̃kina ] n. m.
• 1661; kinakina 1653; esp. quinaquina, mot quechua
1Écorce amère, aux propriétés toniques et fébrifuges ( quinine), fournie par diverses espèces d'arbustes du genre cinchona. « Le médecin prescrivit une infusion de quinquina » (Hugo). Vin de quinquina (vx).
(1896 ) Cour. Vin apéritif et tonique contenant une certaine proportion de quinquina. « un verre de vin blanc, ou même un quinquina » (Romains).
2(XVIIIe) Arbre tropical (rubiacées), scientifiquement appelé cinchona, dont l'écorce fournit de nombreux alcaloïdes dont la quinine et la cinchonine.

quinquina nom masculin (altération du quechua kinakina) Arbre (rubiacée) du genre cinchona, qui fournit une écorce amère et fébrifuge, également appelée quinquina, et dont on extrait la quinine. (Gris, jaunes ou rouges selon l'espèce, les quinquinas contiennent de 5 à 15 % d'alcaloïdes.)

quinquina
n. m.
d1./d écorce fébrifuge, tonique et astringente, au goût amer, fournie par de nombreux arbres du genre Cinchona.
d2./d Arbre originaire d'Amérique du S. qui fournit la quinine.
d3./d Vin apéritif au quinquina.

⇒QUINQUINA, subst. masc.
A. — BOT. Variété d'arbre originaire du Pérou et des pays voisins, du genre Cinchona, de la famille des Rubiacées. Quinquina gris, jaune, rouge. Le fruit, les feuilles du quinquina (Ac. 1835-1935). Les Quinquinas (Cinchona) sont des arbres de montagne, originaires de l'Amérique du Sud et dont la culture s'est répandue dans les régions tropicales montagneuses (PLANTEFOL, Bot. et biol. végét., t. 2, 1931, p. 442).
B. — PHARM. Écorce de quinquina ou, p. ell., quinquina. Écorce amère de cet arbre, aux propriétés toniques et fébrifuges. Synon. quina (infra rem.). Décoction, extrait, infusion, poudre de quinquina; prendre du quinquina; quinquina en poudre. Que l'écorce de quinquina ou la quinine qui s'en extrait aient la propriété de nous causer une sensation de saveur amère, en même temps que la propriété plus singulière (...) de couper la fièvre (...), ce sont là des caractères accidentels, inexplicables ou inexpliqués (COURNOT, Fond. connaiss., 1851, p. 175). Il faut un fébrifuge. — Un fébrifuge!... répondit l'ingénieur. Nous n'avons ni quinquina, ni sulfate de quinine! (VERNE, Île myst., 1874, p. 507). Dès octobre 1698, Racine souffre de coliques et d'une fièvre qu'il coupe à force de quinquina (MAURIAC, Vie Racine, 1928, p. 218).
C. — Vin de quinquina ou, plus usuel, p. ell., quinquina. Vin apéritif préparé avec de l'écorce de quinquina. Allais s'assied à une terrasse de café par une journée de tempête, et dit: — Garçon, un quinquina et moins de vent! (RENARD, Journal, 1901, p. 696). Il ne manquait jamais de m'offrir, dans son arrière-boutique, du vin de quinquina et des gâteaux secs (BERNANOS, Journal curé camp., 1936, p. 1035). Les marques commerciales de quinquina les plus connues sont Byrrh, Ambassadeur, Dubonnet et Saint-Raphaël (SALLÉ 1982).
REM. Quina, subst. masc., synon. vx (supra B). Je prends chaque jour depuis hier deux dragées de quina. La fièvre dure toujours, quoique faible (STENDHAL, Journal, 1801, p. 12).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694; Ac. 1835: quina v. quinquina. Étymol. et Hist. 1. a) 1653 Kinakina « écorce fébrifuge d'un arbre du Pérou » (G. PATIN, lettre du 30 déc. ds Lettres Choisies, Cologne, 1692, t. 1, p. 170); b) 1661 Quinquina (ID., lettre du 21 sept., ibid., t. 2, p. 457); 2. 1716 Quinaquina nom de l'arbre qui donne cette écorce (A.-Fr. FRÉZIER, Rel. au Voy. de la Mer du Sud, p. 214, ds KÖNIG, p. 173); 3. 1694 Quinquina d'Europe « racine de la gentiane » (CORNEILLE); 4. 1760 vin de quinquina (DIDEROT, Corresp., t. 3, p. 218 ds QUEM. DDL t. 30). Empr. à l'esp. quinaquina qui, bien que n'étant att. que dep. 1737 (Autoridades), est prob. plus anc. (ce sont les Espagnols qui ont apporté cette écorce du Pérou en Europe en tant que fébrifuge) et est empr. au quichua Kinakina. Malgré les objections de COR.-PASC. (s.v. quina I), le fait que ce mot ne soit pas att. anciennement en quichua ne contredit pas cette hyp. Voir R. LOEWE ds Z. vergl. Sprachforsch. t. 60, pp. 153-162; KÖNIG, pp. 172-174; FRIED., s.v. quina; FEW t. 20, p. 64. Fréq. abs. littér.:78. Bbg. BOULAN 1934, p. 208. — QUEM. DDL t. 30.

quinquina [kɛ̃kina] n. m.
ÉTYM. 1661, G. Patin, qui en 1653 écrivait kinakina; empr. par l'interm. de l'esp. de quinaquina, mot quichua; on a dit aussi quin ou quina au XVIIe. Cf. La Fontaine, Poème du quinquina.
1 Écorce amère aux propriétés toniques et fébrifuges fournie par un arbuste du genre cinchona. || Alcaloïdes des quinquinas. Quinine; cinchonine. || Quinquina rouge, jaune, gris. || Prendre du quinquina pour guérir la fièvre (cit. 2; et → Plein, cit. 4). || Le médecin prescrivit (cit. 6) une infusion de quinquina. || Sirop, vin de quinquina.
tableau Noms de plantes médicinales.
2 Vin contenant une certaine proportion de quinquina, aux propriétés apéritives et toniques. 1. Amer, fortifiant. || Un verre de quinquina. || La gentiane est parfois appelée « quinquina des pauvres ».
0 (…) il ne déteste pas l'excitation que donne au milieu de la matinée un verre de vin blanc, ou même un quinquina.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. IV, I, p. 8.
3 (XVIIIe). Plante dicotylédone (Rubiacées), scientifiquement appelée cinchona (du nom de la comtesse El Cinchon, femme du vice-roi du Pérou, que le quinquina avait guérie), arbre ou arbuste de l'Amérique du Sud, dont l'écorce (→ ci-dessus, 1.) fournit la quinine et la cinchonine.
tableau Noms d'arbres, arbustes et arbrisseaux.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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